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La maintenance des trains, l’envers du décor

Retour sur notre visite du Technicentre de Paris Est.

Vue aérienne du Technicentre de Paris-EstLe mois dernier, j’ai accompagné 5 voyageurs réguliers des lignes E et P dans une visite du Technicentre de Paris-Est (en vue aérienne ci-contre), où sont entretenus les trains que vous empruntez au quotidien.

Les clients présents ont témoigné de l’intérêt de cette visite. J’en reprends donc les aspects qui m’ont paru les plus importants, notamment parce qu’ils aident à comprendre des phénomènes qui vous touchent régulièrement : un train court, une voiture condamnée, un problème de chauffage, etc.

J’encourage bien sûr ceux qui étaient présents à compléter !

 

Merci à Joël, le directeur du Technicentre, qui a pris le temps de répondre à de nombreuses questions, et m’a donc permis de réaliser ce billet. Et merci à toute son équipe pour avoir accepté d’ouvrir aux voyageurs et au blog les portes du Technicentre.

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Pour plus de détails « techniques » sur l’organisation du Technicentre, les lieux que nous avons visités (le Bâtiment d’Intervention Rapide, le Tour En Fosse etc.), et notre parc matériel : lisez ce récapitulatif publié l’an dernier sur le blog.

 

 

La maintenance au cœur des débats et des attentes

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La situation géographique du centre de maintenance est  particulière , il s’insère entre des voies « commerciales » (où circulent vos trains), des bâtiments et des voies « de services », qui le relient au reste de l’infrastructure.

La manière dont les trains doivent s’y rendre, s’y garer ou en sortir constitue des contraintes très concrètes qui jouent un rôle majeur dans la vie de notre ligne.

« Toucher du doigt » ces réalités peut rendre moins énervant des expériences, qui, sinon, conduisent forcément un jour ou l’autre à se demander « mais vous ne faites pas de maintenance ? vous refusez de réparer les trains ? vous vous en fichez ? etc. » Ce sont des questions, ou des remarques, que je lis presque quotidiennement, surtout en hiver.

Car le meilleur exemple est de saison : le chauffage. Il n’y a pas que nos agents qui signalent la panne du chauffage dans une voiture : je reçois aussi des commentaires ou des tweets de signalement (et même des mails réguliers du collectif d’Usagers Paris/Château), pour m’alerter sur les défaillances repérées. Tout ceci est transmis au Technicentre, bien entendu.

Lorsque les détails nécessaires de la voiture sont indiqués, ce sont des contributions utiles, qui facilitent l’identification de la voiture concernée.

Or, si vous m’avez déjà signalé un problème de chauffage, ou même simplement, si vous prenez la ligne depuis longtemps, cela vous est probablement arrivé de retrouver la même voiture le lendemain ou même une semaine plus tard, toujours sans chauffage. Pourquoi ne rien faire pendant des jours et parfois plusieurs semaines, quand on sait qu’il y a une panne sur une voiture ? Pourquoi n’est-elle pas envoyée immédiatement en maintenance ?

C’est dans la structure même du Technicentre, dans les caractéristiques de ce lieu, que se trouve une bonne partie des réponses – et à terme, c’est de là aussi que viendra une partie de la solution.

Le signalement d’un problème de chauffage

L’utilité des remontées que font certains clients est clairement reconnue. En effet, en dehors des révisions régulières qui sont planifiées à l’avance, il peut être difficile de détecter une panne du chauffage dans une voiture si elle n’est pas signalée. C’est ce qu’expliquait l’une de nos conductrices dans ce billet : elle peut avoir dans son train une ou plusieurs voitures où le chauffage ne fonctionne pas, ce n’est pas pour autant qu’elle le sait.

En revanche, retrouver la rame et la voiture correspondant au trajet qu’évoque un signalement peut être long et fastidieux . Par conséquent  pour un signalement efficace, l’idéal est d’indiquer : la date, votre gare et heure de départ, si vous avez constaté ce problème en tête, au milieu ou en queue de train, et l’emplacement de la voiture.

Par exemple: PIMO 07h04, 2ème et 3ème voitures de tête

Bien sûr, tout le monde ne souhaite pas prendre le temps de faire ce genre de signalement – et c’est normal ! – mais nous avons beaucoup de clients qui le font, et je les remercie. Je vous assure que ces signalements sont bien pris en compte par mes collègues !

 

L’entrée des trains au Technicentre : un corridor plus qu’une autoroute

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Le Technicentre de Paris-Est était auparavant un garage pour les automobiles.

Aujourd’hui, le parking accueillant les rames est composé en tout de 19 voies en épi mais… l’acheminement d’une rame à l’atelier se fait « en tiroir », selon le jargon des circulations. Cela veut dire qu’il n’y a qu’une seule voie pour faire entrer et sortir les rames dans l’atelier. Les trains doivent donc rentrer au fur et à mesure, les uns derrière les autres, pour accéder au voies de maintenance (ce qui prend forcément un peu de temps).

 

Une grande variété de matériel à maintenir

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Au-delà de la voie d’entrée/sortie unique, la plus grande particularité de ce Technicentre, à Paris Est, par rapport à ses « cousins » d’Île-de-France, c’est la variété du matériel qui est maintenu.

Il y a 6 sortes de matériels qui passent par ce centre. Et 6 trains différents à réparer, ce n’est pas (du tout) la même chose que 6 trains à réparer… tout court ! Car les spécificités des rames sont telles qu’une voie de maintenance ne permet pas de traiter tous les types de trains. En plus, la plupart des voies de maintenance sont dédiées au traitement de problèmes particuliers : l’une est construite pour réparer les anomalies électriques, l’autre pour les anomalies mécaniques, etc. (Il  existe néanmoins quelques voies polyvalentes.)

Finalement, le Technicentre est théoriquement capable de traiter jusqu’à 62 rames. Mais elles ne peuvent pas être traitées simultanément. Donc si une rame Z2N avec un problème de chauffage occupe une voie dédiée à la réparation d’une panne électrique, et qu’une autre rame aurait besoin de la même réparation, on ne peut pas traiter les deux en même temps. Par conséquent cette seconde rame va rouler avec son problème de chauffage, même s’il a été identifié.

 

Désaturer le Technicentre

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Les voies de maintenance sont constamment occupées, et le Technicentre est en manque de capacité. Il faut donc trouver des solutions aux contraintes évoquées :  des travaux d’agrandissement sont prévus et d’ores et déjà planifiés. Un nouvel atelier avec des fosses « en baignoire » (qui permettent de travailler à la fois au-dessus, en-dessous et sur les côtés de la rame) sera notamment installé pour accélérer la maintenance des rames et en traiter plus à la fois.

Sur une infrastructure de ce type, les améliorations prennent forcément du temps : il y a des problématiques de coût bien sûr, mais pas seulement. On ne peut pas, par exemple, ajouter des voies ou des bâtiments pour agrandir le Technicentre comme l’on veut : le terrain est limité ! Il faut faire au mieux avec l’espace dont on dispose, et c’est ce qui est en cours – même si l’on aimerait tous que les améliorations soient instantanées.

 

Dans la foulée de la visite du Technicentre, nous avons enchaîné avec le Centre Opérationnel des Circulations : les principaux points abordés à cette occasion feront l’objet d’un prochain billet sur le blog.

 

 

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